Private equity : comment un particulier peut investir
Investir dans des entreprises non cotées en bourse n'est plus réservé aux grandes fortunes. Les fonds de private equity sont aujourd'hui accessibles aux particuliers, en direct ou via l'assurance-vie. Fonctionnement, façons d'investir, risques, frais et fiscalité : l'essentiel à comprendre avant de se lancer.
Par Maxime Gautier, conseiller en gestion de patrimoine, certifié Expert en conseil patrimonial (AUREP). Mise à jour : octobre 2026.
Le private equity, c'est quoi ?
Le private equity, ou capital-investissement, consiste à investir dans des entreprises qui ne sont pas cotées en bourse. Un particulier n'achète pas lui-même les parts de ces entreprises : il investit dans un fonds, géré par une société de gestion spécialisée, qui sélectionne les entreprises, les accompagne pendant plusieurs années, puis revend ses participations.
Les fonds se distinguent par le type d'entreprises qu'ils financent :
- le capital-innovation : des jeunes entreprises en forte croissance, avec un risque élevé ;
- le capital-développement : des entreprises rentables qui ont besoin de fonds pour grandir ;
- le capital-transmission : le rachat d'entreprises matures, souvent lors du départ du dirigeant ;
- les fonds de fonds, qui investissent dans plusieurs fonds à la fois, pour mieux répartir le risque.
Comment un particulier peut investir
| Façon d'investir | À qui c'est destiné | À savoir |
|---|---|---|
| Fonds commun de placement à risques (FCPR) | Tous les investisseurs, souvent dès quelques milliers d'euros | Peut ouvrir droit à une exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans |
| Fonds professionnel de capital-investissement (FPCI) | Investisseurs avertis, en principe à partir de 100 000 € | L'argent est souvent appelé progressivement, sur plusieurs années |
| Fonds européen d'investissement à long terme (ELTIF) | Ouvert aux particuliers, après vérification de leur profil | Un cadre européen récent, pensé pour l'épargne de long terme |
| Assurance-vie ou contrat de capitalisation | Selon les contrats, avec des montants plus faibles | Le fonds est une unité de compte : la fiscalité est celle du contrat. Selon les fonds, l'argent doit rester investi une durée minimale, ou une pénalité s'applique en cas de sortie anticipée |
| Fonds à réduction d'impôt (FCPI, FIP) | Tous les investisseurs | Pour certains fonds, une réduction d'impôt à l'entrée, en échange de contraintes de durée et d'un risque élevé |
Certains fonds dits « semi-liquides » ou « evergreen » permettent aussi de sortir à intervalles réguliers, sous conditions et dans certaines limites. Leur fonctionnement doit être lu de près.
Un placement qui se vit dans la durée
Un fonds de private equity vit en plusieurs temps. Pendant les premières années, il investit dans des entreprises. Ensuite, il les accompagne. Enfin, il les revend et reverse l'argent aux investisseurs, au fil des cessions.
- La durée est longue : souvent huit à dix ans, parfois davantage, avec des prolongations possibles décidées par la société de gestion.
- L'argent est bloqué : on ne peut en général pas récupérer sa mise avant la fin, sauf exceptions prévues par le règlement du fonds.
- La valeur baisse souvent au début : les frais pèsent dès le départ, alors que les entreprises n'ont pas encore pris de valeur. C'est ce qu'on appelle la « courbe en J ». Une valeur inférieure à la mise pendant les premières années est donc fréquente, et ne dit rien du résultat final.
Les risques et les frais
- Le capital n'est pas garanti. Les entreprises financées peuvent échouer, et l'investisseur peut perdre tout ou partie de sa mise.
- Les résultats varient beaucoup d'un fonds à l'autre. Le choix de la société de gestion compte autant que le choix du private equity lui-même.
- La valeur est estimée, et non fixée chaque jour par un marché comme pour une action cotée.
- Les frais sont élevés : frais d'entrée, frais de gestion annuels, et souvent une part des gains reversée à l'équipe de gestion au-delà d'un certain niveau de performance. Ils doivent être lus dans le document d'informations clés du fonds.
Ce que je vérifie avant de vous proposer un fonds : l'expérience de l'équipe de gestion, ses résultats sur ses fonds précédents, la durée prévue, les frais totaux et les conditions de sortie. Je vous remets ensuite par écrit les raisons de ma recommandation et ce que cela coûte.
La fiscalité
Elle dépend de la façon d'investir.
- En direct, avec un FCPR « fiscal » : les gains peuvent être exonérés d'impôt sur le revenu si les parts sont conservées au moins cinq ans et si les sommes distribuées par le fonds sont réinvesties pendant cette période. Les prélèvements sociaux restent dus.
- Dans une assurance-vie ou un contrat de capitalisation : c'est la fiscalité du contrat qui s'applique, y compris pour la transmission. Voir l'article sur le contrat de capitalisation
- Avec un FCPI ou un FIP : depuis le 21 février 2026, la réduction d'impôt à la souscription est réservée à certains fonds, notamment les FCPI investis dans les jeunes entreprises innovantes et les FIP Corse et outre-mer. Le taux, les plafonds et la durée de détention varient selon le fonds.
Source : article 163 quinquies B du code général des impôts, pour l'exonération des FCPR.
Pour qui, et dans quelle proportion ?
Le private equity convient aux épargnants qui :
- ont déjà une épargne de précaution disponible ;
- n'auront pas besoin de cet argent avant dix ans ou plus ;
- acceptent de perdre une partie de leur mise en échange d'un potentiel de performance sur le long terme ;
- veulent diversifier leur patrimoine au-delà de la bourse, de l'immobilier et des fonds en euros.
Il ne doit représenter qu'une partie du patrimoine financier, définie selon votre situation, votre horizon et votre profil d'investisseur. Investir régulièrement, sur plusieurs fonds et plusieurs années, permet aussi de mieux répartir le risque. Voir les autres placements selon votre horizon
Vos questions sur le private equity
Un particulier peut-il investir dans le private equity ?
Oui. Les FCPR, les ELTIF et certains contrats d'assurance-vie ou de capitalisation sont ouverts aux particuliers. Les FPCI sont réservés aux investisseurs avertis, en principe à partir de 100 000 €.
Combien de temps l'argent est-il bloqué ?
Le plus souvent huit à dix ans, parfois davantage. Il faut considérer que l'argent n'est pas disponible pendant toute la durée de vie du fonds, sauf fonds semi-liquides ou exceptions prévues par le règlement.
Peut-on perdre de l'argent avec le private equity ?
Oui. Le capital n'est pas garanti : si les entreprises financées échouent, l'investisseur peut perdre tout ou partie de sa mise. C'est pourquoi il ne doit représenter qu'une partie du patrimoine.
Le private equity est-il imposé ?
Avec un FCPR détenu en direct, les gains peuvent être exonérés d'impôt sur le revenu après cinq ans de détention, sous conditions, mais les prélèvements sociaux restent dus. Dans une assurance-vie, c'est la fiscalité du contrat qui s'applique.
Pourquoi la valeur baisse-t-elle souvent au début ?
Les frais sont prélevés dès le départ, alors que les entreprises achetées n'ont pas encore pris de valeur. C'est la « courbe en J » : une baisse en début de vie du fonds est fréquente et ne préjuge pas du résultat final.
Les informations de cet article sont générales et ne constituent pas un conseil personnalisé. Le private equity présente un risque de perte en capital et une durée de blocage longue. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les règles fiscales citées peuvent évoluer.
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