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Rémunération du dirigeant : salaire ou dividendes ?

Se verser un salaire, des dividendes, ou un peu des deux : le choix change ce qui vous reste en poche, mais aussi votre retraite et votre protection en cas de coup dur. Les règles 2026, un exemple chiffré et les questions à se poser avant de trancher.

Par Maxime Gautier, conseiller en gestion de patrimoine, certifié Expert en conseil patrimonial (AUREP). Mise à jour : octobre 2026.

Deux façons de se rémunérer

Quand votre société est soumise à l'impôt sur les sociétés, vous pouvez vous verser de l'argent de deux manières. Le salaire (ou la rémunération de gérant) est versé tout au long de l'année et coûte des cotisations sociales. Les dividendes sont une part du bénéfice, versée après l'impôt sur les sociétés, une fois les comptes de l'année approuvés.

Aucune des deux n'est meilleure dans l'absolu. Le salaire coûte plus cher en cotisations, mais il vous ouvre des droits à la retraite et une protection sociale. Les dividendes coûtent souvent moins cher sur le moment, mais ne préparent rien pour plus tard.

Le salaire

Pour la société, la rémunération du dirigeant est une charge : elle réduit le bénéfice, donc l'impôt sur les sociétés. Pour vous, elle est imposée au barème de l'impôt sur le revenu, comme un salaire.

Le poids des cotisations dépend de votre statut, qui dépend de la forme de la société :

StatutQui est concernéCotisations, en ordre de grandeur
Travailleur non salariéGérant majoritaire de SARL, gérant d'EURLEnviron 45 % de la rémunération nette
Assimilé salariéPrésident de SAS ou de SASU, gérant minoritaire de SARLEnviron 70 à 80 % de la rémunération nette

L'assimilé salarié cotise plus, mais il est en général mieux protégé, notamment en cas d'arrêt de travail, et il cotise à la retraite complémentaire des salariés (Agirc-Arrco). Depuis 2026, les cotisations des travailleurs non salariés sont calculées sur une base unique, avec un abattement forfaitaire de 26 % : les chiffres ci-dessus restent des ordres de grandeur, à faire préciser par votre expert-comptable.

Pour un président de SAS, un salaire d'au moins 7 212 € brut sur l'année 2026 suffit à valider les quatre trimestres de retraite de l'année. Se verser uniquement des dividendes, c'est donc renoncer à ces trimestres.

Sources : décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 (assiette des cotisations des indépendants) ; seuil de validation des trimestres calculé sur le SMIC horaire au 1er janvier 2026 (12,02 €).

Les dividendes

Les dividendes sont prélevés sur le bénéfice qui reste après l'impôt sur les sociétés. Celui-ci est de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice pour la plupart des PME, puis de 25 % au-delà.

Ensuite, vous payez sur les dividendes reçus le prélèvement forfaitaire unique : 31,4 % en 2026, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. La hausse des prélèvements sociaux, de 17,2 à 18,6 %, s'applique depuis le 1er janvier 2026. Vous pouvez aussi choisir le barème de l'impôt sur le revenu, avec un abattement de 40 % sur les dividendes : c'est en général plus intéressant si votre foyer est dans une tranche à 0 ou 11 %.

Exemple. Une SAS dégage 50 000 € de bénéfice et le distribue entièrement. Elle paie d'abord 8 250 € d'impôt sur les sociétés (15 % sur 42 500 €, puis 25 % sur le reste). Il reste 41 750 € de dividendes, sur lesquels le président paie 13 110 € au taux de 31,4 %.

Il lui reste environ 28 640 €, soit 57 % du bénéfice de départ, et aucun trimestre de retraite.

Sources : article 219 du code général des impôts ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026.

Le piège des dividendes en SARL

Si vous êtes gérant majoritaire de SARL, ou associé unique d'une EURL soumise à l'impôt sur les sociétés, une partie de vos dividendes supporte les cotisations sociales des indépendants, comme une rémunération. C'est la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes laissées en compte courant d'associé.

Exemple. Dans une SARL au capital de 1 000 €, sans compte courant, seuls les 100 premiers euros de dividendes échappent aux cotisations. Au-delà, les dividendes coûtent presque autant qu'une rémunération, sans en avoir tous les avantages.

Le président de SAS n'est pas concerné par cette règle. C'est l'une des raisons pour lesquelles certains dirigeants transforment leur SARL en SAS, une décision qui se prend avec l'expert-comptable et l'avocat, car elle a d'autres conséquences.

Source : article L. 131-6 du code de la sécurité sociale.

Trouver le bon dosage

Dans la plupart des cas, la bonne réponse est un mélange : un salaire pour vivre, cotiser à la retraite et rester protégé, et des dividendes pour le complément. Pour le régler, quelques questions :

  • De combien avez-vous besoin pour vivre ? C'est le point de départ, avant toute optimisation.
  • Où en est votre retraite ? Un dirigeant qui a déjà tous ses trimestres n'a pas les mêmes besoins qu'un dirigeant de 40 ans.
  • Quel est le bénéfice de la société ? Un salaire qui ramène le bénéfice sous 42 500 € profite pleinement du taux d'impôt sur les sociétés à 15 %.
  • Quelle est votre tranche d'imposition ? Elle change l'intérêt du barème par rapport au prélèvement forfaitaire.

Le calcul exact relève de votre expert-comptable, qui connaît vos comptes. Mon rôle est d'y ajouter ce que deviendra cet argent : votre retraite, vos placements et votre transmission.

Et si l'argent restait dans la société ?

Rien n'oblige à sortir tout le bénéfice. L'argent dont vous n'avez pas besoin tout de suite peut rester dans la société et y être placé : compte à terme, contrat de capitalisation ou compte-titres. Vous ne payez alors l'impôt personnel qu'au moment où vous vous versez l'argent, parfois des années plus tard, quand votre tranche d'imposition a baissé. Voir comment placer la trésorerie de sa société

Autre piste : le plan d'épargne retraite, alimenté par vous ou par la société. Les sommes versées réduisent l'impôt aujourd'hui et préparent un complément pour plus tard. Voir le guide du PER pour les dirigeants

Et la holding ?

On entend souvent parler de la holding pour « payer moins d'impôt ». Le principe : votre société verse ses dividendes à une société holding qui en détient au moins 5 % depuis au moins deux ans. Grâce au régime dit mère-fille, la holding n'est imposée que sur 5 % de ces dividendes, soit environ 1,25 % avec un impôt sur les sociétés à 25 %. Elle peut ensuite réinvestir cet argent : placements, immobilier, rachat d'autres entreprises.

La holding reporte l'impôt, elle ne le supprime pas. Le jour où elle vous verse l'argent, vous payez le prélèvement forfaitaire de 31,4 % comme sur tout dividende. Elle a donc du sens pour réinvestir, beaucoup moins pour financer votre train de vie. Elle a aussi un coût (une deuxième société à tenir) et doit répondre à un vrai objectif économique : un montage dont le but principal serait d'éviter l'impôt peut être remis en cause par l'administration. Enfin, depuis 2026, une taxe de 20 % vise certains biens de jouissance (voitures, bateaux, logements occupés par l'associé…) détenus par les holdings patrimoniales de plus de 5 millions d'euros d'actifs.

Sources : articles 145, 216 et 235 ter C du code général des impôts ; article L. 64 du livre des procédures fiscales ; loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026.

Ce que je fais avec vous : je pars de vos besoins et de votre situation de retraite, je compare avec vous les combinaisons salaire et dividendes que votre expert-comptable a chiffrées, puis je vous propose quoi faire de l'argent qui reste : dans la société ou à titre personnel. Je travaille en lien avec votre expert-comptable, qui garde la main sur les calculs.

Vos questions sur la rémunération du dirigeant

Vaut-il mieux se verser un salaire ou des dividendes ?

Il n'y a pas de réponse unique. Les dividendes coûtent souvent moins cher sur le moment, mais ne donnent aucun droit à la retraite ni aucune protection sociale. La plupart des dirigeants combinent un salaire et des dividendes.

Quel est l'impôt sur les dividendes en 2026 ?

Le prélèvement forfaitaire unique est de 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Vous pouvez opter pour le barème de l'impôt sur le revenu, avec un abattement de 40 %, plus intéressant dans les tranches basses.

Les dividendes d'un gérant de SARL sont-ils soumis à cotisations ?

Pour un gérant majoritaire, oui, sur la part qui dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant d'associé. Le président de SAS n'est pas concerné.

Quel salaire minimum pour valider ses trimestres de retraite ?

Pour un dirigeant assimilé salarié, un salaire de 7 212 € brut sur l'année 2026 permet de valider les quatre trimestres. Ce seuil est calculé sur le SMIC horaire au 1er janvier.

Une holding permet-elle de payer moins d'impôt sur sa rémunération ?

Pas vraiment. Les dividendes remontés dans une holding sont presque exonérés d'impôt sur les sociétés, mais vous payez le prélèvement forfaitaire de 31,4 % quand la holding vous les reverse. La holding sert surtout à réinvestir.

Peut-on laisser l'argent dans la société ?

Oui. Il peut y être placé, par exemple sur un compte à terme ou un contrat de capitalisation. Vous ne payez l'impôt personnel qu'au moment où vous vous versez l'argent.

Les informations de cet article sont générales et ne constituent pas un conseil personnalisé. Les taux de cotisations indiqués sont des ordres de grandeur ; le calcul exact relève de votre expert-comptable. Les règles fiscales et sociales citées peuvent évoluer.

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