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Complément de retraite : se verser un revenu en plus de sa pension

Assurance-vie, PER, SCPI ou rente viagère : plusieurs solutions permettent de compléter sa pension. Elles ne coûtent pas le même impôt au moment où l'on touche l'argent, et c'est souvent là que se fait la différence. Comment chiffrer son besoin, comparer les solutions et choisir entre capital et rente.

Par Maxime Gautier, conseiller en gestion de patrimoine, certifié Expert en conseil patrimonial (AUREP). Mise à jour : octobre 2026.

Chiffrer ce qui vous manque

Tout part d'un chiffre : l'écart entre la pension que vous toucherez et ce que vous dépensez pour vivre. Votre relevé de carrière et le simulateur officiel du site info-retraite.fr donnent une bonne estimation de la pension. Pour les dépenses, mieux vaut partir de vos relevés de compte que d'une impression.

Une fois l'écart connu, on peut calculer le capital à réunir. Pour toucher 1 000 € de plus par mois pendant 25 ans, il faut 300 000 € si l'argent ne rapporte rien. S'il rapporte 2 % par an net de frais, il suffit d'environ 234 000 € au départ, puisque ce qui reste placé continue de travailler.

Ce calcul ne tient pas compte de la hausse des prix. Sur vingt-cinq ans, elle compte : un complément de 1 000 € achètera nettement moins de choses à la fin qu'au début.

Les quatre solutions

L'assurance-vie

C'est la solution la plus souple. L'argent reste disponible, et l'on peut programmer des retraits réguliers, chaque mois ou chaque trimestre, que l'on modifie ou arrête quand on veut. Seule la part de gains contenue dans chaque retrait est imposée, et après huit ans, elle profite d'un abattement annuel.

Le plan d'épargne retraite (PER)

Les versements réduisent vos impôts pendant votre vie active, mais l'argent est bloqué jusqu'à la retraite, sauf exceptions prévues par la loi. À la sortie, vous choisissez le capital, la rente ou un mélange des deux. L'impôt économisé à l'entrée se paie à la sortie : la part qui vient des versements déduits est imposée au barème de l'impôt sur le revenu. Voir le guide du PER

Les SCPI

Des parts de sociétés qui détiennent des bureaux, des commerces ou des logements, et qui vous reversent une partie des loyers, en général chaque trimestre. C'est un revenu régulier sans gestion de locataire. En revanche, ni les loyers ni le capital ne sont garantis, et revendre ses parts peut prendre du temps. Détenues en direct, les sommes reçues sont imposées comme des loyers : au barème de l'impôt sur le revenu, plus les prélèvements sociaux.

La rente viagère

On confie un capital à un assureur, qui verse en échange une rente jusqu'au décès, quel que soit l'âge atteint. C'est la seule solution qui protège contre le risque de vivre très longtemps. La contrepartie : le capital est définitivement abandonné, et il ne revient pas aux héritiers, sauf option prévue au contrat. Une rente issue d'une assurance-vie n'est imposée que sur une fraction, fixée selon votre âge au premier versement : 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans.

Sources : articles 125-0 A et 158 (6 et 5 b quinquies) du code général des impôts.

Comparer ce qui reste en poche

À revenu égal, ces solutions ne laissent pas le même montant net. Les grandes lignes :

SolutionArgent disponible ?Ce qui est imposé
Assurance-vie (retraits)Oui, à tout momentSeulement la part de gains de chaque retrait, après un abattement de 4 600 € par an (9 200 € pour un couple) si le contrat a plus de huit ans
PERNon, jusqu'à la retraiteLes versements déduits au barème de l'impôt, les gains à part
SCPI en directRevente possible, mais pas immédiateLes revenus, comme des loyers, au barème de l'impôt et aux prélèvements sociaux
Rente viagèreNon, le capital est abandonnéUne fraction de la rente, selon l'âge au premier versement

Les prélèvements sociaux s'ajoutent à l'impôt sur la part imposée. Ils restent à 17,2 % pour l'assurance-vie et les revenus fonciers, qui ont échappé à la hausse de 2026 ; ils passent à 18,6 % pour la plupart des autres revenus de placement.

Sources : article 125-0 A du code général des impôts ; loi de financement de la sécurité sociale pour 2026.

Un exemple chiffré

Un couple de retraités détient une assurance-vie ouverte il y a plus de huit ans. Elle vaut 200 000 €, dont 140 000 € de versements et 60 000 € de gains. Ils programment un retrait de 1 000 € par mois, soit 12 000 € par an.

Les gains représentent 30 % du contrat : sur les 12 000 € retirés, 3 600 € sont des gains, le reste est un simple retour de leurs versements. Ces 3 600 € restent sous l'abattement de 9 200 € du couple : pas d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux s'appliquent, soit 619 € par an.

Il leur reste environ 948 € nets par mois sur les 1 000 € retirés. Une partie de ces prélèvements a d'ailleurs souvent déjà été payée chaque année sur le fonds en euros.

Le même revenu tiré de SCPI détenues en direct serait imposé comme des loyers, au taux d'imposition du foyer plus les prélèvements sociaux, sans abattement comparable. C'est la raison pour laquelle on loge souvent les SCPI dans une assurance-vie quand l'objectif est un revenu à la retraite.

Capital ou rente ?

La rente rassure : elle tombe chaque mois, quoi qu'il arrive, jusqu'à la fin. Mais elle est définitive, et si le décès survient tôt, une grande partie du capital est perdue pour la famille. Le capital, lui, reste à vous, se transmet et peut servir à un imprévu ; en revanche, c'est à vous de le gérer pour qu'il dure assez longtemps.

En pratique, on combine souvent les deux : une rente pour couvrir les dépenses incompressibles, et un capital disponible pour le reste. Avec une assurance-vie, rien n'oblige à choisir tout de suite. On peut commencer par des retraits programmés et transformer plus tard une partie du contrat en rente.

Les erreurs fréquentes

  • Commencer trop tard. Un effort réparti sur quinze ans est bien plus léger qu'un effort concentré sur cinq.
  • Tout mettre sur le PER. L'argent y est bloqué. Mieux vaut garder à côté une épargne disponible.
  • Oublier l'impôt à la sortie. Le bon placement se juge sur ce qui reste en poche une fois l'impôt payé.
  • Retirer sans ordre. Quand on a plusieurs contrats, le choix de celui sur lequel on retire change l'impôt, et parfois aussi ce que recevront les héritiers.

Ce que je fais avec vous : j'estime votre future pension, je la compare à vos dépenses, puis je calcule ce qu'il vous manque. Je vous propose ensuite une combinaison de solutions et l'ordre dans lequel retirer, pour que le complément vous coûte le moins d'impôt possible. Voir comment je prépare votre retraite

Vos questions sur le complément de retraite

Quel est le meilleur placement pour un complément de retraite ?

Il n'y en a pas un seul. L'assurance-vie est souvent la base, car elle reste disponible et ses retraits sont peu imposés après huit ans. Le PER est intéressant si vous payez beaucoup d'impôts pendant votre vie active. Les SCPI et la rente viagère complètent selon vos besoins.

Combien faut-il de capital pour 1 000 € de plus par mois ?

Sur 25 ans, il faut 300 000 € si l'argent ne rapporte rien, et environ 234 000 € s'il rapporte 2 % par an net de frais. Il faut aussi tenir compte de la hausse des prix et des impôts.

Comment sont imposés les retraits d'une assurance-vie ?

Seule la part de gains contenue dans chaque retrait est imposée. Après huit ans, elle profite d'un abattement de 4 600 € par an pour une personne seule et de 9 200 € pour un couple. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent dans tous les cas.

Vaut-il mieux sortir son PER en capital ou en rente ?

Le capital laisse l'argent disponible et transmissible. La rente assure un revenu à vie mais le capital est abandonné. Le choix dépend de votre santé, de vos autres revenus et de ce que vous voulez transmettre. On peut aussi panacher.

À quel âge commencer à préparer son complément de retraite ?

Le plus tôt possible, car l'effort se répartit sur plus d'années. Le moment clé se situe souvent entre 45 et 55 ans, quand les revenus sont au plus haut. Mais il est toujours possible d'améliorer la situation, même une fois à la retraite.

Les informations de cet article sont générales et ne constituent pas un conseil personnalisé. Les SCPI, les unités de compte et les autres placements non garantis présentent un risque de perte en capital. Les règles fiscales citées peuvent évoluer.

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