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Trésorerie de société : compte à terme, contrat de capitalisation ou compte-titres ?

Une société qui dispose de trésorerie a plusieurs façons de la faire travailler. Le compte à terme et le compte rémunéré offrent la sécurité, le contrat de capitalisation la souplesse, et le compte-titres un accès direct aux marchés et aux produits structurés, avec des frais réduits. Fonctionnement, fiscalité à l'impôt sur les sociétés et exemple chiffré.

Par Maxime Gautier, conseiller en gestion de patrimoine, certifié Expert en conseil patrimonial (AUREP). Mis à jour le 15 octobre 2026.

Une dirigeante en réunion

L'essentiel

  • Le compte à terme convient à l'argent dont la société aura besoin à une date connue.
  • Le contrat de capitalisation et le compte-titres conviennent à un excédent durable.
  • À l'impôt sur les sociétés, un contrat de capitalisation est imposé chaque année sur un revenu forfaitaire.

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D'abord, découper la trésorerie

Avant de choisir un placement, il faut savoir quand la société aura besoin de son argent. On distingue en général trois parts :

  • la trésorerie courante, pour payer les charges des prochains mois : elle reste sur le compte courant ;
  • la trésorerie de précaution ou à date connue, par exemple un impôt à payer ou un investissement prévu dans un an : elle peut aller sur un compte à terme ou un compte rémunéré ;
  • la trésorerie durable, dont la société n'aura pas besoin avant plusieurs années : elle peut être placée sur un contrat de capitalisation ou d'autres supports.

Un repère valable pour les trois solutions : le taux d'impôt sur les sociétés. Les revenus des placements s'ajoutent au résultat de la société. Ils sont imposés à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis à 25 % au-delà. Le taux de 15 % est réservé aux sociétés dont le chiffre d'affaires est inférieur à 10 millions d'euros, dont le capital est entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques. Une société qui dépasse déjà 42 500 € de bénéfice paie donc 25 % sur ses revenus de placement.

Source : article 219 du code général des impôts.

Le compte à terme et le compte rémunéré

  • Le compte à terme : la société bloque une somme pour une durée fixée, de quelques mois à quelques années, à un taux connu dès le départ. Le capital est garanti. Une sortie avant l'échéance est possible mais pénalisée.
  • Le compte rémunéré : l'argent reste disponible, avec un taux généralement plus faible et qui peut changer.
  • La garantie des dépôts protège les sommes jusqu'à 100 000 € par banque, y compris pour une société.
  • La fiscalité : les intérêts s'ajoutent chaque année au résultat de la société et sont soumis à l'impôt sur les sociétés.

Le contrat de capitalisation

Une société ne peut pas souscrire d'assurance-vie, mais elle peut ouvrir un contrat de capitalisation. Il fonctionne de la même façon :

  • un fonds en euros, dont le capital est garanti par l'assureur, selon les conditions du contrat ;
  • des unités de compte : fonds, SCPI, produits structurés, private equity, plus risquées mais avec un potentiel plus élevé ;
  • des retraits possibles à tout moment, selon les conditions du contrat.

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La fiscalité du contrat pour une société

C'est le point essentiel, et il est souvent mal connu. Pour une société à l'impôt sur les sociétés, le contrat est imposé chaque année, même sans retrait, sur un revenu forfaitaire. Ce revenu est calculé en appliquant au montant investi un taux égal à 105 % du taux moyen des emprunts d'État connu à la souscription, soit de l'ordre de 2,7 % pour un contrat ouvert en 2026.

  • Si le contrat rapporte plus que ce taux, la société ne paie l'impôt sur l'écart qu'au moment du retrait : elle profite d'un décalage d'imposition.
  • S'il rapporte moins, elle paie chaque année un impôt sur un revenu qu'elle n'a pas encore perçu. L'écart est corrigé au retrait.

Source : article 238 septies E du code général des impôts.

Un exemple chiffré

Une société place 300 000 € sur un contrat de capitalisation en 2026.

  • Chaque année, elle ajoute à son résultat un revenu forfaitaire d'environ 8 190 € (2,73 % de 300 000 €).
  • L'impôt correspondant dépend du taux d'IS de la société : environ 1 230 € par an à 15 %, ou 2 050 € par an à 25 %, que le contrat ait rapporté plus ou moins.
  • Si le contrat rapporte 4 % par an, soit 12 000 €, l'impôt sur les 3 810 € de différence n'est payé qu'au retrait.

Calcul simplifié, avec un taux forfaitaire de 2,73 %.

Le compte-titres de la société

La société peut aussi ouvrir un compte-titres et y détenir directement des actions, des obligations, des fonds ou des produits structurés.

  • Des frais souvent plus faibles : il n'y a pas de frais de gestion annuels liés à une enveloppe, seulement des frais de transaction et de tenue de compte. Pour un produit structuré, passer en direct coûte en général moins cher que de le loger dans un contrat de capitalisation.
  • Un accès plus large : certains produits, comme les produits structurés sur mesure, ne sont proposés qu'en compte-titres.
  • Une fiscalité qui dépend des titres détenus : les plus-values sur actions détenues en direct ne sont imposées qu'à la vente. En revanche, la plupart des fonds sont imposés chaque année sur leur hausse de valeur, sauf certains fonds investis en actions européennes. Pour les produits structurés, le traitement dépend de leur fonctionnement et se valide avec l'expert-comptable.
  • Pas de fonds en euros : le capital n'est garanti sur aucun support, sauf mécanisme de protection prévu par le produit lui-même.

Source : article 209-0 A du code général des impôts pour l'imposition annuelle des fonds.

En résumé

Compte à termeContrat de capitalisationCompte-titres
CapitalGarantiGaranti sur le fonds en euros, non garanti sur les unités de compteNon garanti, sauf protection prévue par le produit
DisponibilitéBloquée jusqu'à l'échéance, sauf pénalitéRetraits possibles à tout momentVente possible, au prix du marché
FraisAucunFrais de gestion annuels du contratFrais de transaction et de tenue de compte
ImpositionSur les intérêts réels, chaque annéeSur un revenu forfaitaire chaque année, régularisé au retraitSelon les titres : à la vente pour les actions, chaque année pour la plupart des fonds
Pour quelle trésorerieUne échéance connueUn excédent durable, avec une part sécuriséeUn excédent durable, investi en titres choisis ou en produits structurés

Faites glisser le tableau pour tout voir →

Ces solutions se combinent souvent. Pour une partie de la trésorerie durable, d'autres supports peuvent aussi être étudiés, comme les SCPI ou le private equity, selon l'horizon et le risque accepté.

Comment je vous accompagne : je découpe avec vous la trésorerie selon les besoins de la société, je compare les solutions en tenant compte de leur fiscalité, et je travaille avec votre expert-comptable pour la comptabilisation. Les associations relèvent d'un régime fiscal particulier, que j'étudie au cas par cas.

Maxime Gautier

Rédigé par Maxime Gautier

Conseiller en gestion de patrimoine, fondateur de MGT Conseil. Sept ans en banque privée, certifié Expert en conseil patrimonial (AUREP). Mon parcours

Vos questions sur la trésorerie de société

Une société peut-elle souscrire une assurance-vie ?

Non. Elle peut en revanche ouvrir un contrat de capitalisation, qui fonctionne de la même façon : fonds en euros, unités de compte et retraits possibles à tout moment.

Comment est imposé un contrat de capitalisation détenu par une société ?

Pour une société à l'impôt sur les sociétés, il est imposé chaque année sur un revenu forfaitaire égal à 105 % du taux moyen des emprunts d'État connu à la souscription, même sans retrait. L'écart avec le rendement réel est corrigé au moment du retrait.

Les comptes à terme d'une société sont-ils garantis ?

Oui, par la garantie des dépôts, jusqu'à 100 000 € par banque, y compris pour une personne morale.

Compte à terme, contrat de capitalisation ou compte-titres : que choisir ?

Le compte à terme convient à une trésorerie dont la date d'utilisation est connue. Le contrat de capitalisation et le compte-titres conviennent à un excédent durable. Le compte-titres coûte en général moins cher, notamment pour détenir un produit structuré en direct. Ces solutions se combinent souvent.

Les intérêts d'un compte à terme sont-ils imposés ?

Oui. Ils s'ajoutent chaque année au résultat de la société et sont soumis à l'impôt sur les sociétés, à 15 % ou 25 % selon le niveau de bénéfice.

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Les informations de cet article sont générales et ne constituent pas un conseil personnalisé. Les unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les règles fiscales citées peuvent évoluer et doivent être validées avec l'expert-comptable de la société.

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