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Assurance-vie après 70 ans : est-ce encore intéressant ?

On entend souvent qu'il ne faut plus verser sur une assurance-vie après 70 ans. C'est inexact : les règles changent, mais l'assurance-vie garde des atouts réels pour la transmission. Ce qui change, ce qui reste avantageux, et comment s'organiser.

Par Maxime Gautier, conseiller en gestion de patrimoine, certifié Expert en conseil patrimonial (AUREP). Mis à jour le 14 octobre 2026.

Un couple de retraités assis sur un voilier

L'essentiel

  • On peut toujours ouvrir une assurance-vie et y verser après 70 ans.
  • Au décès, seules les sommes versées sont taxées, après un abattement de 30 500 € : les gains ne le sont jamais.
  • Les sommes versées avant 70 ans gardent leur abattement de 152 500 € par bénéficiaire.

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Ce qui change à 70 ans

Seule la transmission au décès est concernée. Pour vous, rien ne change : vous pouvez toujours verser, retirer, et vos retraits gardent la même fiscalité.

Au décès, en revanche, la loi distingue les sommes selon l'âge auquel elles ont été versées.

Versements avant 70 ansVersements après 70 ans
Abattement152 500 € par bénéficiaire30 500 € au total, partagés entre tous les bénéficiaires et tous les contrats
Ce qui est taxéLes sommes reçues, gains comprisSeulement les sommes versées : les gains ne sont pas taxés
Au-delà de l'abattement20 %, puis 31,25 % au-delà de 852 500 € reçusDroits de succession habituels, selon le lien de parenté
Conjoint ou partenaire de PacsExonéré dans tous les cas

Source : Generali, synthèse de la fiscalité en cas de décès, décembre 2025 (articles 990 I et 757 B du Code général des impôts).

Pour une vue d'ensemble, avec un exemple chiffré et les démarches des bénéficiaires, voir l'article assurance-vie et succession.

Pourquoi cela reste intéressant

  • Les gains ne sont jamais taxés au décès. Seules les sommes versées comptent. Plus le contrat dure et rapporte, plus l'avantage grandit.
  • Les 30 500 € s'ajoutent aux autres abattements. Au-delà, les sommes versées sont soumises aux droits de succession, comme le reste de l'héritage, avec l'abattement habituel du bénéficiaire, par exemple 100 000 € pour un enfant, s'il n'est pas déjà utilisé par la succession.
  • Vous choisissez librement vos bénéficiaires, hors des règles de partage de la succession, dans la limite de sommes raisonnables au regard de votre patrimoine.
  • L'argent reste disponible à tout moment, ce qui n'est pas le cas d'une donation.
  • Les capitaux sont versés rapidement aux bénéficiaires, sans attendre le règlement de la succession.

Un exemple

À 75 ans, une personne verse 100 000 € sur une assurance-vie au profit de ses deux enfants. À son décès, le contrat vaut 160 000 €.

  • Les 60 000 € de gains ne sont pas taxés.
  • Sur les 100 000 € versés, 30 500 € sont exonérés.
  • Les 69 500 € restants sont soumis aux droits de succession, soit 34 750 € par enfant, qui peuvent être couverts par leur abattement de 100 000 € s'il n'est pas déjà utilisé par le reste de l'héritage.

Au total, 90 500 € (les gains et les 30 500 €) échappent entièrement aux droits. Si la même somme était restée sur un compte bancaire, les 160 000 € seraient entrés dans la succession et auraient consommé une bien plus grande part des abattements des enfants.

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Comment s'organiser

  • Garder ses anciens contrats. Les sommes versées avant 70 ans conservent leur abattement de 152 500 € par bénéficiaire, même si vous continuez à faire vivre le contrat.
  • Séparer les versements. Ouvrir un nouveau contrat pour les versements après 70 ans facilite le suivi et la rédaction de clauses différentes.
  • Revoir la clause bénéficiaire. Désigner des petits-enfants ou démembrer la clause peut changer beaucoup le résultat. Voir l'article sur la clause bénéficiaire
  • Combiner avec d'autres outils. Le contrat de capitalisation et la donation permettent d'utiliser les abattements de 100 000 € par enfant de votre vivant. Voir l'article sur le contrat de capitalisation

Je chiffre avec vous ce que recevrait chacun de vos proches selon les solutions, avant toute décision. Voir comment je vous accompagne sur la transmission

Maxime Gautier

Rédigé par Maxime Gautier

Conseiller en gestion de patrimoine, fondateur de MGT Conseil. Sept ans en banque privée, certifié Expert en conseil patrimonial (AUREP). Mon parcours

Vos questions sur l'assurance-vie après 70 ans

Peut-on ouvrir une assurance-vie après 70 ans ?

Oui, il n'y a pas de limite d'âge légale. Certains assureurs fixent des conditions particulières, mais l'ouverture reste possible et souvent intéressante pour la transmission.

Quelle est la fiscalité de l'assurance-vie après 70 ans ?

Au décès, les sommes versées après 70 ans bénéficient d'un abattement de 30 500 €, partagé entre tous les bénéficiaires. Au-delà, elles sont soumises aux droits de succession. Les gains réalisés ne sont pas taxés.

Les intérêts d'une assurance-vie après 70 ans sont-ils taxés au décès ?

Non. Pour les versements après 70 ans, seules les sommes versées sont prises en compte. Les intérêts et les plus-values ne sont pas taxés.

Faut-il ouvrir un nouveau contrat après 70 ans ?

Ce n'est pas obligatoire, mais c'est souvent conseillé : cela facilite le suivi des versements et permet une clause bénéficiaire adaptée. Les anciens contrats gardent leurs avantages pour les sommes versées avant 70 ans.

Le conjoint paie-t-il des droits sur une assurance-vie souscrite après 70 ans ?

Non. Le conjoint marié et le partenaire de Pacs sont exonérés, quel que soit l'âge des versements.

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Les informations de cet article sont générales et ne constituent pas un conseil personnalisé. Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital. Les règles fiscales citées peuvent évoluer.

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