MGT ConseilGESTION DE PATRIMOINE

Préparer sa succession après 70 ans : le cas pratique d'un couple de retraités

Une maison, un appartement en location, de l'épargne, une assurance-vie, deux enfants. Que paieraient les enfants si rien n'était fait, et que peut-on encore organiser après 70 ans ? Un exemple chiffré, pas à pas, avec les règles de 2026.

Par Maxime Gautier, conseiller en gestion de patrimoine, certifié Expert en conseil patrimonial (AUREP). Mis à jour le 28 octobre 2026.

Des grands-parents assis avec leur petite-fille

L'essentiel

  • Après 70 ans, l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant s'applique toujours : il n'a pas de limite d'âge.
  • Le don familial de 31 865 € en argent n'est possible que si celui qui donne a moins de 80 ans.
  • Dans l'exemple type chiffré, les droits baissent de 33 368 € et plus de 300 000 € sont transmis de leur vivant.

Résumer cet article avec :ChatGPTClaudePerplexity

La situation de Jean et Michèle

Exemple type. Les personnes et les montants de cet exemple sont imaginés pour illustrer une situation fréquente. Ce ne sont pas des clients du cabinet.

Jean a 74 ans, Michèle 71 ans. Retraités, ils vivent dans le pays d'Aix. Mariés sans contrat de mariage, ils ont deux enfants d'une quarantaine d'années et trois petits-enfants. Tout ce qu'ils possèdent a été acquis pendant le mariage.

Ce qu'ils possèdentValeur
Leur maison600 000 €
Un appartement loué à Marseille220 000 €
Livrets et comptes180 000 €
Une assurance-vie au nom de Jean, alimentée avant ses 70 ans250 000 €
Total1 250 000 €

Ce qu'ils souhaitent tient en quatre points :

  • le survivant des deux doit pouvoir rester chez lui et vivre comme avant ;
  • leur fille achète sa résidence principale, ils aimeraient l'aider maintenant ;
  • leurs deux enfants doivent être traités à égalité ;
  • ils veulent garder les loyers de l'appartement, qui complètent leurs retraites.

Et une question revient : « À notre âge, est-ce que ça vaut encore le coup ? » La réponse est oui, et le calcul qui suit montre pourquoi.

Et dans votre situation ? Chaque famille est différente. Je fais le point avec vous, au téléphone ou en visio : le premier échange est gratuit et sans engagement.

Si rien n'est fait

Pour chiffrer, on part d'une hypothèse simple : Jean décède le premier, vers 82 ans, puis Michèle, et la valeur des biens ne bouge pas.

Au premier décès

Michèle ne paie aucun droit de succession : le conjoint en est exonéré. Elle reçoit aussi l'assurance-vie de Jean, dont elle est la bénéficiaire, sans aucun impôt.

Comme leurs deux enfants sont communs, la loi permet à Michèle de choisir l'usufruit de toute la succession : elle garde l'usage de tout, et les enfants reçoivent la nue-propriété de la moitié qui revenait à Jean. À 79 ans, l'usufruit vaut 30 % et la nue-propriété 70 %. Chaque enfant reçoit donc une nue-propriété de 175 000 €. Après l'abattement de 100 000 €, il paie 13 194 € de droits.

Au second décès

L'usufruit de Michèle s'éteint sans impôt : les enfants deviennent pleinement propriétaires de la moitié de Jean. La succession de Michèle comprend sa propre moitié, 500 000 €, et le capital de l'assurance-vie qu'elle a reçu, 250 000 €. Chaque enfant reçoit 375 000 €, déduit à nouveau 100 000 €, et paie 53 194 €.

Au total, les deux enfants paieraient 132 777 € de droits de succession, dont plus de 106 000 € au second décès. L'assurance-vie, exonérée au premier décès, se retrouve taxée au second, parce qu'elle est devenue de l'épargne ordinaire dans le patrimoine de Michèle.

Calcul simplifié, hors frais de notaire, frais d'obsèques et évolution des valeurs. Sources : articles 757 du code civil ; 669, 777, 779, 796-0 bis et 1133 du code général des impôts.

Ce qu'ils peuvent encore organiser

Avant de proposer quoi que ce soit, on vérifie ce dont Jean et Michèle ont besoin pour vivre. Ils gardent leur maison, leurs retraites, les loyers et l'assurance-vie, disponible à tout moment. Ils peuvent donc donner une partie de leur épargne sans se mettre en difficulté.

1. Aider les enfants maintenant, avec le don familial

Tant que le parent qui donne a moins de 80 ans, il peut donner 31 865 € en argent à chaque enfant majeur, sans aucun droit. Ce don s'ajoute à l'abattement de 100 000 € et ne le réduit pas. Jean a 74 ans, Michèle 71 : c'est encore possible pour les deux, mais plus pour très longtemps dans le cas de Jean.

Chaque parent donne 31 865 € à chaque enfant. Leur fille reçoit 63 730 € pour son achat, leur fils la même somme, pour respecter l'égalité. Au total, 127 460 € sortent de leur patrimoine, sans droits. Depuis le 1er janvier 2026, chaque enfant doit déclarer ce don en ligne, dans le mois qui suit.

2. Donner la nue-propriété de l'appartement, et garder les loyers

Jean et Michèle donnent à leurs enfants la nue-propriété de l'appartement de Marseille, chez le notaire. Ils en gardent l'usufruit : ils continuent de toucher les loyers jusqu'au dernier décès.

À leur âge, la nue-propriété vaut 70 % du bien, soit 154 000 €. Chaque enfant reçoit 38 500 € de chacun de ses parents : c'est sous l'abattement de 100 000 €, donc aucun droit. Au décès, l'usufruit s'éteint sans impôt, et les enfants récupèrent l'appartement entier. Les 30 % restants leur reviennent donc sans droits.

Un point à connaître : si un parent décède moins de quinze ans après la donation, la part d'abattement utilisée n'est plus disponible pour sa succession. C'est intégré dans le calcul plus bas.

3. Un geste pour les petits-enfants

Chaque grand-parent dispose d'un abattement de 31 865 € par petit-enfant. Jean et Michèle donnent 5 000 € chacun à chacun de leurs trois petits-enfants, placés sur un contrat à leur nom. Cela fait 30 000 € transmis sans droits, qui ne touchent pas aux abattements des enfants.

4. L'assurance-vie et sa clause bénéficiaire

La clause actuelle, « mon conjoint, à défaut mes enfants », protège bien Michèle. On peut aller plus loin avec une clause démembrée : Michèle recevrait l'usufruit du capital et les enfants la nue-propriété. Ce montage peut réduire nettement les droits au second décès, mais ses règles fiscales ont été durcies en 2024 et son traitement fait débat. Il s'étudie au cas par cas, avec le notaire. Il n'est pas compté dans les chiffres de cet article.

5. Protéger celui qui reste

Parce que leurs enfants sont communs, la loi permet déjà au survivant de choisir l'usufruit de tout. Une donation au dernier vivant, signée chez le notaire, lui donne davantage de choix au moment du décès. Rien dans les solutions ci-dessus ne touche à la maison : le survivant reste chez lui.

Avant, après : le bilan

On reprend la même hypothèse : Jean décède vers 82 ans, moins de quinze ans après les donations, puis Michèle.

Rien n'est faitAvec les solutions
Transmis de leur vivant, sans droits0 €311 460 €
Droits payés par les enfants au premier décès26 389 €15 367 €
Droits payés par les enfants au second décès106 389 €84 043 €
Total des droits132 777 €99 409 €

Les droits baissent de 33 368 €. Surtout, plus de 300 000 € arrivent aux enfants et aux petits-enfants maintenant, au moment où ils en ont l'usage, au lieu d'attendre le second décès. Si Jean et Michèle vivent plus de quinze ans après les donations, les abattements sont de nouveau entiers et l'économie augmente.

Les 311 460 € se décomposent ainsi : 127 460 € de dons familiaux, 154 000 € de nue-propriété de l'appartement et 30 000 € pour les petits-enfants.

Calcul simplifié, hors frais de notaire et évolution des valeurs. Barème en ligne directe de l'article 777 du code général des impôts ; abattements des articles 779, 790 B et 790 G ; valeur de l'usufruit selon l'article 669 ; règles inchangées par la loi de finances pour 2026. Pour faire le calcul avec vos chiffres, utilisez le simulateur de droits de succession et le calcul de l'usufruit et de la nue-propriété.

Ce qu'il faut retenir

  • Après 70 ans, il n'est pas trop tard : l'abattement de 100 000 € par enfant n'a pas de limite d'âge.
  • Le don familial de 31 865 € en argent n'est possible que si celui qui donne a moins de 80 ans.
  • Donner la nue-propriété d'un bien permet de garder ses revenus et de transmettre la valeur de l'usufruit sans droits.
  • On ne donne que ce dont on est sûr de pouvoir se passer : le confort du survivant passe avant l'économie d'impôt.

Votre situation ressemble à celle-ci ? Chaque famille est différente : un remariage, un enfant d'une première union, une entreprise ou un bien à l'étranger changent tout. Faites le point en deux minutes, je reviens vers vous pour en parler. Faire le point sur ma transmission

Comment je vous accompagne : je chiffre avec vous ce que paieraient vos enfants aujourd'hui, puis après chaque solution, et je travaille avec votre notaire pour les actes. Vous décidez en sachant ce que chaque option change.

Maxime Gautier

Rédigé par Maxime Gautier

Conseiller en gestion de patrimoine, fondateur de MGT Conseil. Sept ans en banque privée, certifié Expert en conseil patrimonial (AUREP). Mon parcours

Vos questions sur la préparation de votre succession

Est-il trop tard pour préparer sa succession après 70 ans ?

Non. L'abattement de 100 000 € par parent et par enfant s'applique quel que soit l'âge, et il se renouvelle tous les quinze ans. Après 70 ans, on peut encore donner, démembrer un bien ou revoir une clause bénéficiaire.

Peut-on encore faire un don familial après 80 ans ?

Non. Le don familial de 31 865 € en argent suppose que celui qui donne ait moins de 80 ans et que celui qui reçoit soit majeur. Après 80 ans, l'abattement de 100 000 € par enfant reste utilisable.

Qu'est-ce que la règle des quinze ans ?

Si le parent qui a donné décède moins de quinze ans après la donation, l'abattement utilisé pour la donation n'est plus disponible pour la succession. Au-delà de quinze ans, l'abattement est de nouveau entier.

Faut-il passer chez le notaire ?

Oui pour donner un bien immobilier ou sa nue-propriété, et pour une donation au dernier vivant. Un don d'argent peut se faire sans notaire, mais il doit être déclaré en ligne par celui qui le reçoit, dans le mois qui suit, depuis le 1er janvier 2026.

Cet article peut aider quelqu’un de votre entourage ?Votre conjoint, un parent, un enfant : partagez-le en un geste.

Guide gratuit · 12 pages

Transmettre son patrimoine : ce que paieront vos enfants, et comment le réduire

Les droits expliqués pas à pas, les sept leviers et une famille type chiffrée avant et après.

Recevoir le guide

Les informations de cet article sont générales et ne constituent pas un conseil personnalisé. L'exemple est imaginé pour illustrer une situation fréquente. Les règles fiscales citées sont celles de 2026 et peuvent évoluer. Une transmission se prépare avec un notaire.

Parlons de votre situation

Quelques questions, un premier bilan chiffré, puis un échange avec moi si vous le souhaitez.

Vous préférez appeler directement ?07 83 74 18 05

  • Conseiller en investissements financiers inscrit à l'ORIAS sous le n° 22003842
  • Adhérent de l'ANACOFI-CIF, association agréée par l'AMF
  • Certifié Expert en conseil patrimonial (AUREP)
  • Sept ans de conseil en banque privée avant de fonder MGT Conseil
  • Premier échange gratuit et sans engagement

Faites le point en 2 minutes

  1. Vous répondez à quelques questions simples sur votre situation.
  2. Vous voyez tout de suite un premier bilan chiffré.
  3. Je vous rappelle pour en parler, si vous le souhaitez.
Faire le point gratuitement

Gratuit, sans engagement. Vous décidez ensuite.

Faire le point gratuitement